L’œuvre de Rainer Maria Rilke est un tout. Chaques livres se recoupent et l’on ne peut plus s’arrêter lorsque l’on commence. Ainsi, après avoir lu « Lettres de Paris – 1902-1910 », « Journal de Westerwede et de Paris, 1902 », puis les « Carnets de Malte Laurids Brigge » et enfin relu « Lettres à un jeune poète » - l’un de ses écrits les plus connus -, il m’attend en bonne place dans ma bibliothèque « Lettres à Lou Andréas-Salomé », « Les élégies de Duino » et également « Serpents d’argent » qui vient de paraître aux éditions Desjonquères. Toutes ses œuvres ne sont pas en ma possession, je pense notamment à ses écrits sur Rodin aux éditions La Part commune, au « Livre d’heures » ...
Pourquoi une telle passion pour ce personnage ? Est-ce son être empli de solitude, sa force intérieure épris de liberté, sa recherche d’un absolu, ou l’incompréhension de cet homme se fermant au monde tout en s’y ouvrant par ses nombreuses correspondances qui fait, qu’indéniablement, on s’accroche à Rilke sans pouvoir s’en détacher ?.
Cette dépendance peut également provenir de cet attrait que Rainer Maria Rilke observe pour beaucoup de sujets différents, sujets auxquels il recherche une réponse sans faille : la jeunesse, la solitude, la mort, l’art, l’amour … Ses écrits sont une porte ouverte à une remise en question, et toutes les questions qu’il est amenées à se poser, ont un effet sur nous d’introspection. Nous sommes ainsi « contraint », au fil de la lecture, de trouver réponse à nos propres questionnements sur tel ou tel sujet évoqué par Rainer Maria Rilke.

« Lettres de Paris 1902 – 1910 »
Rivages Poche
Lorsque Rilke arrive à Paris en août 1902 pour effectuer une monographie sur Rodin, il est loin de se douter de l’attrait que va avoir cette ville sur son œuvre : premier grand tournant dans sa vie. Au fil de ses rencontres : Rodin, Paul Cézanne … Rilke se construit. De cette construction en ressortiront de nombreuses œuvres capitales : « Le Livre d’heure » (composé de trois livres), « Le Livre des images » mais également une correspondance abondante.
Ici, la correspondance retranscrite est celle qu’il a eue avec sa femme Clara, Rodin, Otto Modersohn, Helen Key, Emile Verhaeren et bien d’autres encore.

« Les carnets de Malte Laurdis Brigge »
GF – Flammarion
Rilke, sous le personnage de Malte se livre. Ce roman écrit lors de son long séjour à Paris (commencé en 1904 et terminé en 1910) sera le miroir de l’inconscient de Rilke. On y découvre ainsi sous des images sordides sa première vision de cette ville : misère et horreur.
Il introduira sous ce personnage sa conception de l’amour véritable et de l’amour malheureux, thème qui dominera dans ses futurs œuvres.

« Lettres à une jeune poète »
Les cahiers rouges (Grasset)
Encore une fois, c’est lors de son séjour à Paris que Rilke va poursuivre une correspondance avec un jeune poète : X. Kappus. Ces 10 lettres ne seront publiées qu’en 1929, 3 ans après la mort de Rilke.
Considérée comme étant l’une des œuvres les plus connue, Rilke, par la demande de Kappus, va endosser le rôle de guide. IL révèlera ainsi au jeune homme ses doutes, ses joies mais également les enjeux essentiels de la poésie.

« Journal de Westerwede et de Paris, 1902 »
Rivages Poche
Dans un mince agenda ont été retrouvé des notes de Rilke datant du 3 janvier au 23 novembre 1902.
Les premières pages relatent sa vie en Allemagne par ses rencontres avec notamment des peintres et des sculpteurs. Puis ses notes prennent fin pour ne reprendre qu’en automne lorsqu’il arrive à Paris. Rilke y livre - derrière des bribes de descriptions, des notes rapides (parfois illisibles) – ses impressions, ses rendez-vous, ses visites, ses idées pour d’éventuels romans …
Commentaires
@bientôt.
Merci Esther ;-)
Cordialement