Lundi 3 octobre 2005

L’attentat.
Yasmina Khadra
Julliard

                                  


Un texte magnifique malgré quelques couic, tenu d’un bout à l’autre par un auteur proche de son sujet. Un roman qui pour moi, ne pouvait que faire ricochet sur le film de Hany Abu-Assad « Paradise Now », dont Anne-Marie en avait fait une critique il y a quelques semaines.
Un film, qui comme vous le savez m’a beaucoup touché de par sa pureté : mettre en avant deux jeunes hommes pris dans l’engrenage des attentats suicide n’est pas des plus simples à mon avis, surtout en ce moment. Comment ne pas se rendre dans cette salle, devant ce film, sans préjugés. Au passage, peu de monde dans la salle et peu de temps à l’affiche.

Me replonger donc dans le même sujet n’a pas été des plus simples car il m’a fallu avant tout ne pas faire sans cesse des comparaisons. Ce qui bien sûr est impossible. Ce qui fait que j’ai eu du mal à comprendre pourquoi l’auteur a décidé de mettre en avant comme protagoniste le docteur Amine (j’évite de trop vous en raconter, et éviter par la même de lire la quatrième de couverture, le suspens en est que plus réel) au lieu de cette femme qui a décidé de se faire exploser dans un restaurant, là encore à Tel-Aviv (Il en était de même pour Paradise Now, mais dans un bus.)

Une fois admis le fait pour moi, tout y est, l’incompréhension, la tristesse, la colère, la haine, l’explication, la résignation.
Roman d’une incroyable audace, Yasmina Khadra écrit avec toutes ses tripes un sujet très bien maîtrisé où toutes les scènes défilent en accélérées les une après les autres, sans jamais nous laisser le temps de respirer. Tout est dit en un souffle. Peu importe les raisons, la mort, la souffrance de l’être humain ou je devrais dire (sans prendre partie) la souffrance de certains parmi nous, ne peut laisser indifférent et ce roman marquera les esprits tout comme Paradise Now.

Je finirais sur un passage du texte : « On peut tout te prendre ; tes biens, tes plus belles années, l’ensemble de tes joies, et l’ensemble de tes mérites, jusqu’à ta dernière chemise – il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l’on t’a confisqué. »

par Esther publié dans : Littérature
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Commentaires

Je n'arrête pas de lire des critiques élogieuses de ce livre. Je meurs d'envie de le lire !
commentaire n° : 1 posté par : Barbabella (site web) le: 03/10/2005 21:29:33
Un commentaire bien que je n’ai ni vu le film, ni lu le livre : une salle vide, une affiche éclair, un bouquin pas vraiment en tête de gondole….
Il en faut de l’obstination pour aller vers un sujet aussi terrible pour tenter de comprendre ce que l’on risque de croiser demain dans nos bulding, nos gares ou nos stations balnéaires.
Je salue bien haut ce travail de compréhension et comme l’on dit, si les « parties en présence » avaient une telle tolérance, peut être que notre monde serait meilleur….
A+
Nick
commentaire n° : 2 posté par : Nick Cooper le: 05/10/2005 15:08:44
le Khadra est un très grand livre - vraiment. A mon tour de saluer le travail de déffrichage et de passion que vous faites...bon, moi, finalement, j'ai bien aimé le Brigitte Giraud, le Olivier Adam et "Vous n'êtes pas seul ici" à l'Olivier de Aron Jenemerappellepluslahonte!
à bientôt
j-p
commentaire n° : 3 posté par : jp blondel le: 05/10/2005 22:39:52
Merci à deux tous. J'essaie en effet de comprendre le pourquoi du comment, bien qu'il y ait peu de choses à comprendre, je pense juste que les personnes concernées sont des gens en souffrance. Je n'excuse en aucune façons leurs actes, ceux qui sont autour d'eux ne leurs ont rien demandés. J'aurais préféré, mais que vient faire mon désir là-dedans, qu'ils trouvent un autre moyen plus pacifiste pour se défendre.

Pour le choix des livres, je tente non seulement de parler des romans que j'aime mais encore plus de ceux que j'aime et qui n'ont pas forcément eu beaucoup de critiques pour x raisons. Tel n'est pas le cas pour Yasmina Khadra, beaucoup d'articles lui ont été consacrés mais je ne pouvais passer à côté.

jp Blondel, comment s'est passée votre rentrée ?
Je me permets de rectifier vos dires, "Vous n'êtes pas seul ici" de Adam Haslett. Tout compte fait, je vais peut-être y jeter un oeil. Merci.
commentaire n° : 4 posté par : Esther (site web) le: 06/10/2005 08:08:17
Ce livre m'attend depuis trois semaines au moins. Le sujet m'intéresse beaucoup. Comme toi Esther, j'aimerai comprendre ce qui peut amener une personne à en arriver à cette extrémité. Je te dirai mes impressions.
Et honte à moi, je n'ai toujours pas vu "Paradise Now".
Il me faudrait dix vies en simultané.
commentaire n° : 5 posté par : dda le: 06/10/2005 20:02:43
Un des beaux livres de cette rentrée. Si je peux me permettre, vous pouvez écouter son interview sur mon blog (tapez "Lire est un palisir" dans Google. Bravo pour votre blog, je l'ajoute à la grande communauté de mes recommandations dès maintenant.
commentaire n° : 6 posté par : Brice Depasse (site web) le: 08/10/2005 19:22:31
je suis entrain de lire ce livre car je fais partie du prix hors goncourd je le trouve impressionnant mais je l'ai pa encore fini felicitation à l'auteur
commentaire n° : 7 posté par : Hamon elise le: 09/10/2005 11:47:02
Me too. Je l'ai commencé il y a deux heures et je suis scotchée. Quel talent il faut pour décrire toute ces horreurs, ces dilemmes avec une telle sobriété !
C'est hallucinant. Effectivement un grand roman !
Mais pourquoi je ne l'ai pas commencé plus tôt ?
commentaire n° : 8 posté par : dda le: 09/10/2005 19:39:16
j'ai très envie moi aussi de lire ce livre. En plus j'ai appris que c'est un homme qui se cache sous ce prénom féminin.
commentaire n° : 9 posté par : chris (site web) le: 13/10/2005 11:01:36
Sinon, pour répondre à votre question, Esther, ma rentrée littéraire est un combat pour rester la tête hors de l'eau. Heureusement qu'il y a la rentrée scolaire, mon métier, ma femme, mes enfants, mes amis et les livres et...les libraires qui aident beaucoup ce roman. S'il y a un prochain, il ne sortira pas en Septembre...mais bon, je ne crache pas dans la soupe, c'est déjà formidable d'être édité - ce n'est pas Elizabeth qui me contredira. Deux nouveaux coups de coeur. Déloger l'animal de V.Ovaldé, qui a un talent fou et Le ciel pour mémoire de Thomas B. Reverzy au Seuil ( ah merci pour la correction ,j'ai confondu Aron H. et Adam Haslett....)
commentaire n° : 10 posté par : jp blondel le: 13/10/2005 21:46:50
Vous avez pourtant de très bonnes critiques dans différents magazines et une admiratrice sur le forum...

Qu'avez vous apprécié chez Reverzy, j'ai eu beaucoup de mal à me concentrer dessus et avoue ne même pas l'avoir terminé. Serais-je passée au côté de quelque chose?
commentaire n° : 11 posté par : Esther (site web) le: 13/10/2005 21:51:17
je pense être sensible au thème de l'amitié et il y a un style qui me porte dans ce livre - une sorte d'ondulation qui me plaît...maintenant, à chacun ses plaisirs...hormis quelques livres qui de toute façon font une certaine unanimité, comme le Khadra. En espérant qu'il aura un prix, ce qui serait mine de rien une petite claque à la déferlante houellebequienne...à bientôt !
j-p
commentaire n° : 12 posté par : jp blondel le: 14/10/2005 12:42:23
Tout à fait d'accord. "L'attentat" mérite d'être primé.
Et pour vous rassurer, J.Ph, j'ai rencontré beaucoup de personnes ayant adoré votre dernier roman. Je rougis car j'avoue ne pas l'avoir encore lu. Je vais réparer ce faux-pas rapidement.
A bientôt.
commentaire n° : 13 posté par : dda le: 15/10/2005 11:25:27
Je suis quelqu un de profondement humaniste et milite contre toute forme de violence.
mais la je percois un mensonge bien écrit. Premierement : Yasmina Khadra n'est pas une femme mais un homme ancien militaire de l'armée en algérie ou la propagande est un sport national.De plus, il a déclaré n'etre jamais allé en Palestine ou Israel pour cottoyer les populations.
Ainsi je ne puis lire l'esprit serein un auteur qui aborde un sujet aussi brulant, avec si peu de sérieux.Ce roman est construit comme un film hollywoodien mais à tendance prosélyte.
Au debut de l'oeuvre, on nous décrit un médecin intelligent et sensible, sur lequel nous pourrions tous nous prejeter en tant qu'occidentaux; et au fur et à mesure l'auteur tente de jusitifer, en utilisant nos codes occidentaux (reflexions, sens de la vie, amour de son prochain), l'acte de terrorisme comme quelque chose de normal, puis de logique et a la fin du livre - la terroriste est une sainte qui a agit pour dieu. Ce roman est une these voulant nous démontrer que l'acte de terrorisme est totalement humain - c est a dire: preferer la mort a la vie, par ideologisme fachiste, et nous le vendre comme une reaction comprehensible.
C'est honteux - je lui mets 2 pour le style d'ecriture.
Mais ca ne vaut guere plus.
commentaire n° : 14 posté par : Marin le: 16/10/2005 17:58:30
Le fait qu'il soit un homme est connu depuis 2001. Depuis que Mohamed Moulessehoul a dénoncé les agissements de son armée. Il a écris sous un nom de femme pour éviter la censure de son corps de métier. Donc pas un militaire comme vous le sous-entendez.

De plus, mourir pour ses convictions est teinté souvent de romantisme. Même si les kamikazes, que le desespoir rend maléables, se font sauter en plein milieu de la foule, ils ne sont pas exempts d'humanité.
D'ailleurs, si par exemple le sous-commandant marcos faisait cela par desespoir, notre jugement serait différent que celui qu'on porte à un kamikaze palestinien. Pourquoi ? Parce qu'on ne comprends pas les kamikazes islamistes.
Je pense que ces derniers, même manipulées, leurs réactions sont plus logiques, compréhensibles et humaines que celles de leurs manipulateurs. Et ce n'est pas du prosélytisme de dire que "la terroriste est une sainte qui a agit pour dieu", c'est juste le point de vue de "l'autre". Si je ne cautionne aucun acte violent et que je milite pour la paix, je peux comprends comment un individu arrive à cette extremité, et je considère les kamikazes comme les premieres victimes du mensonge extremiste.

En globalité, je trouve vos critiques un peu aberrantes comme le fait de lui reprocher de n'avoir pas été là bas. Vous pourriez repprocher à Robert Merle de ne pas s'être isolé sur une île pendant des mois avant d'avoir écrire "L'île" ?

L'imagination fait l'écrivain et le livre. Et lorsque l'imagination colle parfaitement à la réalité sans que l'auteur s'en approche physiquement son talent est d'autant plus grand.

Et l'attentat est proche de la réalité qu'il relate. Je dis cela en connaissance de cause, après avoir été en israel et en territoires occupés.

Sans animosité, vive la paix :)
commentaire n° : 15 posté par : Winston Smith le: 16/10/2005 20:49:20
Je dis d'abord que je suis pas francophone, donc excusez-moi pour les fautes que je vais certainement faire.
ça dit, je ne suis pas du tout d'accord avec Marin qui soutien la thèse d'un sillogysme à travers lequel Khadra voudrait démontrer que l'acte de terrorisme est tout à fait normal et justifiable. Je pense au contraire qu'il a dit les faits comme ils sont:ni noir ni blanc, ni juif ni musulman. Deux cultures pour le meme territoire.
Le choix d'Amine comme protagoniste à la place de Sihem est dejà une prise de position:c'est la condamne du geste du kamikaze dans sa dernière consequence: la mort des innocentes.Mais c'est aussi une comdamne "relative", du geste et pas des causes que l'ont generé. Khadra décrit Amin comme un "chirurgien, il a très bien réussi sa vie, et se croyait à l’abri, parce qu'il méritait tout ce qu’il avait conquis. Un peu comme l’Occidental : lui aussi se tient très éloigné du problème du Proche-Orient parce qu’il considère qu’il a beaucoup souffert pour mériter ce qu’il a aujourd’hui." Amin ne peut tout d'abord accepter que sa femme ait pu commetre un acte aussi barbare. Et c'est en quete des motivations qui ont amené Sihem en arriver à une telle extremité qu'il est obligé d'entendre plusieurs fois une verité que il ne comprends pas. Ce n'est pas la justification de l'acte. C'est le point de vue de l'autre. Le fait qu'on a pas tous la meme façon de decodifier la vie ne veut pas dire que la verité résied dans l'une culture plutot que dans l'autre.
Tout simplement, on comprends pas. Et Amine non plus, il ne comprend pas,cette intolérable verité qu'il entend sans répit, car il est voué à une cause (la medicine) qui défend la vie - la vie de l'individu - à tout prix. Il meurt en n'acceptant pas, en ne comprenant pas.
C'est vrai que en fermant ce livre, on se demande où la verité se trouve-t-elle. Elle est peut etre dans le milieu.
Pour autant, la soif de savoir d’Amine, pas plus que sa colère ne l’aideront à comprendre.
Peut-être n’y a-t-il rien à comprendre ? Ou peut-être Khadra n’a-t-il pu dépasser les limites de la raison ?
A vous de répondre.
commentaire n° : 16 posté par : Emma (site web) le: 14/11/2005 22:44:16
Je viens tout juste de le finir. Un livre très fort et très dur !
On le termine et il vous reste dans le coeur et dans la tête.
On se pose bien des questions...
commentaire n° : 17 posté par : Anjelica (site web) le: 01/05/2007 15:10:07
j'ai trouvé ce livre formidable ms puvez vous maider à trouver les thèmes???!!!merci beaucoup!
a+
commentaire n° : 18 posté par : math le: 09/11/2007 17:23:15

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