L’attentat.
Yasmina Khadra
Julliard
Un texte magnifique malgré quelques couic, tenu d’un bout à l’autre par un auteur proche de son sujet. Un roman qui pour moi, ne pouvait que faire ricochet sur le film de Hany Abu-Assad « Paradise Now », dont Anne-Marie en avait fait une critique il y a quelques semaines.
Un film, qui comme vous le savez m’a beaucoup touché de par sa pureté : mettre en avant deux jeunes hommes pris dans l’engrenage des attentats suicide n’est pas des plus simples à mon avis, surtout en ce moment. Comment ne pas se rendre dans cette salle, devant ce film, sans préjugés. Au passage, peu de monde dans la salle et peu de temps à l’affiche.
Me replonger donc dans le même sujet n’a pas été des plus simples car il m’a fallu avant tout ne pas faire sans cesse des comparaisons. Ce qui bien sûr est impossible. Ce qui fait que j’ai eu du mal à comprendre pourquoi l’auteur a décidé de mettre en avant comme protagoniste le docteur Amine (j’évite de trop vous en raconter, et éviter par la même de lire la quatrième de couverture, le suspens en est que plus réel) au lieu de cette femme qui a décidé de se faire exploser dans un restaurant, là encore à Tel-Aviv (Il en était de même pour Paradise Now, mais dans un bus.)
Une fois admis le fait pour moi, tout y est, l’incompréhension, la tristesse, la colère, la haine, l’explication, la résignation.
Roman d’une incroyable audace, Yasmina Khadra écrit avec toutes ses tripes un sujet très bien maîtrisé où toutes les scènes défilent en accélérées les une après les autres, sans jamais nous laisser le temps de respirer. Tout est dit en un souffle. Peu importe les raisons, la mort, la souffrance de l’être humain ou je devrais dire (sans prendre partie) la souffrance de certains parmi nous, ne peut laisser indifférent et ce roman marquera les esprits tout comme Paradise Now.
Je finirais sur un passage du texte : « On peut tout te prendre ; tes biens, tes plus belles années, l’ensemble de tes joies, et l’ensemble de tes mérites, jusqu’à ta dernière chemise – il te restera toujours tes rêves pour réinventer le monde que l’on t’a confisqué. »
Commentaires
Il en faut de lobstination pour aller vers un sujet aussi terrible pour tenter de comprendre ce que lon risque de croiser demain dans nos bulding, nos gares ou nos stations balnéaires.
Je salue bien haut ce travail de compréhension et comme lon dit, si les « parties en présence » avaient une telle tolérance, peut être que notre monde serait meilleur .
A+
Nick
à bientôt
j-p
Pour le choix des livres, je tente non seulement de parler des romans que j'aime mais encore plus de ceux que j'aime et qui n'ont pas forcément eu beaucoup de critiques pour x raisons. Tel n'est pas le cas pour Yasmina Khadra, beaucoup d'articles lui ont été consacrés mais je ne pouvais passer à côté.
jp Blondel, comment s'est passée votre rentrée ?
Je me permets de rectifier vos dires, "Vous n'êtes pas seul ici" de Adam Haslett. Tout compte fait, je vais peut-être y jeter un oeil. Merci.
Et honte à moi, je n'ai toujours pas vu "Paradise Now".
Il me faudrait dix vies en simultané.
C'est hallucinant. Effectivement un grand roman !
Mais pourquoi je ne l'ai pas commencé plus tôt ?
Qu'avez vous apprécié chez Reverzy, j'ai eu beaucoup de mal à me concentrer dessus et avoue ne même pas l'avoir terminé. Serais-je passée au côté de quelque chose?
j-p
Et pour vous rassurer, J.Ph, j'ai rencontré beaucoup de personnes ayant adoré votre dernier roman. Je rougis car j'avoue ne pas l'avoir encore lu. Je vais réparer ce faux-pas rapidement.
A bientôt.
mais la je percois un mensonge bien écrit. Premierement : Yasmina Khadra n'est pas une femme mais un homme ancien militaire de l'armée en algérie ou la propagande est un sport national.De plus, il a déclaré n'etre jamais allé en Palestine ou Israel pour cottoyer les populations.
Ainsi je ne puis lire l'esprit serein un auteur qui aborde un sujet aussi brulant, avec si peu de sérieux.Ce roman est construit comme un film hollywoodien mais à tendance prosélyte.
Au debut de l'oeuvre, on nous décrit un médecin intelligent et sensible, sur lequel nous pourrions tous nous prejeter en tant qu'occidentaux; et au fur et à mesure l'auteur tente de jusitifer, en utilisant nos codes occidentaux (reflexions, sens de la vie, amour de son prochain), l'acte de terrorisme comme quelque chose de normal, puis de logique et a la fin du livre - la terroriste est une sainte qui a agit pour dieu. Ce roman est une these voulant nous démontrer que l'acte de terrorisme est totalement humain - c est a dire: preferer la mort a la vie, par ideologisme fachiste, et nous le vendre comme une reaction comprehensible.
C'est honteux - je lui mets 2 pour le style d'ecriture.
Mais ca ne vaut guere plus.
De plus, mourir pour ses convictions est teinté souvent de romantisme. Même si les kamikazes, que le desespoir rend maléables, se font sauter en plein milieu de la foule, ils ne sont pas exempts d'humanité.
D'ailleurs, si par exemple le sous-commandant marcos faisait cela par desespoir, notre jugement serait différent que celui qu'on porte à un kamikaze palestinien. Pourquoi ? Parce qu'on ne comprends pas les kamikazes islamistes.
Je pense que ces derniers, même manipulées, leurs réactions sont plus logiques, compréhensibles et humaines que celles de leurs manipulateurs. Et ce n'est pas du prosélytisme de dire que "la terroriste est une sainte qui a agit pour dieu", c'est juste le point de vue de "l'autre". Si je ne cautionne aucun acte violent et que je milite pour la paix, je peux comprends comment un individu arrive à cette extremité, et je considère les kamikazes comme les premieres victimes du mensonge extremiste.
En globalité, je trouve vos critiques un peu aberrantes comme le fait de lui reprocher de n'avoir pas été là bas. Vous pourriez repprocher à Robert Merle de ne pas s'être isolé sur une île pendant des mois avant d'avoir écrire "L'île" ?
L'imagination fait l'écrivain et le livre. Et lorsque l'imagination colle parfaitement à la réalité sans que l'auteur s'en approche physiquement son talent est d'autant plus grand.
Et l'attentat est proche de la réalité qu'il relate. Je dis cela en connaissance de cause, après avoir été en israel et en territoires occupés.
Sans animosité, vive la paix :)
ça dit, je ne suis pas du tout d'accord avec Marin qui soutien la thèse d'un sillogysme à travers lequel Khadra voudrait démontrer que l'acte de terrorisme est tout à fait normal et justifiable. Je pense au contraire qu'il a dit les faits comme ils sont:ni noir ni blanc, ni juif ni musulman. Deux cultures pour le meme territoire.
Le choix d'Amine comme protagoniste à la place de Sihem est dejà une prise de position:c'est la condamne du geste du kamikaze dans sa dernière consequence: la mort des innocentes.Mais c'est aussi une comdamne "relative", du geste et pas des causes que l'ont generé. Khadra décrit Amin comme un "chirurgien, il a très bien réussi sa vie, et se croyait à labri, parce qu'il méritait tout ce quil avait conquis. Un peu comme lOccidental : lui aussi se tient très éloigné du problème du Proche-Orient parce quil considère quil a beaucoup souffert pour mériter ce quil a aujourdhui." Amin ne peut tout d'abord accepter que sa femme ait pu commetre un acte aussi barbare. Et c'est en quete des motivations qui ont amené Sihem en arriver à une telle extremité qu'il est obligé d'entendre plusieurs fois une verité que il ne comprends pas. Ce n'est pas la justification de l'acte. C'est le point de vue de l'autre. Le fait qu'on a pas tous la meme façon de decodifier la vie ne veut pas dire que la verité résied dans l'une culture plutot que dans l'autre.
Tout simplement, on comprends pas. Et Amine non plus, il ne comprend pas,cette intolérable verité qu'il entend sans répit, car il est voué à une cause (la medicine) qui défend la vie - la vie de l'individu - à tout prix. Il meurt en n'acceptant pas, en ne comprenant pas.
C'est vrai que en fermant ce livre, on se demande où la verité se trouve-t-elle. Elle est peut etre dans le milieu.
Pour autant, la soif de savoir dAmine, pas plus que sa colère ne laideront à comprendre.
Peut-être ny a-t-il rien à comprendre ? Ou peut-être Khadra na-t-il pu dépasser les limites de la raison ?
A vous de répondre.
On le termine et il vous reste dans le coeur et dans la tête.
On se pose bien des questions...
a+