Girodet
Musée du Louvre
Du 22 septembre 2005 au 2 janvier 2006
Commissaie général : Sylvain bellenger
Commissaire étape Paris : Sylvain laveissière.
Un conseil, ne manquer absolument pas cette exposition qui s’annonce comme l’un des événements majeurs de cette rentrée. Lorsque vous la parcourez d’un bout à l’autre, gardez en mémoire le fait qu’il aura fallu cinq ans pour préparer cette exposition et que c’est la première et peut-être la dernière rétrospective que lui consacre le Louvre.
Girodet ayant vécu une époque aux facettes différentes (né sous Louis XV, il traverse toutes les phases de la révolution, du Directoire, du Consulat et de l’Empire), son œuvre sera de ce fait changeante et contradictoire, difficile à cerner. Lourd défi pour cette exposition qui n’oubliera aucun de ses styles.
Ce parcours se veut non seulement chronologique mais également parcours de recueillement.
Ainsi, chaque œuvre essentielle qui a rythmée le parcours du peintre est isolée dans une pièces, suivie de nombreuses études, plus extraordinaires les une que les autres. Une, en particulière, aura retenu toute mon attention. Il s’agit d’une « étude de draperie » pour le fameux tableau « une scène de déluge ».

"scène du déluge" Salon de 1806
Huile sur toile 441 * 341 cm
Musée du Louvre, Paris - Acquis en 1816
R.M.N. Paris, 1989
Nous découvrons ainsi aux côtés de toiles plus connues – « le sommeil d’Endymion » ; « Atala au tombeau » -, des œuvres tout autant hypnotiques telles qu’ « une scène de déluge », toile monumentale de quatre mètres sur trois où Girodet « en niant l’origine mythologique de son tableau n’espérait pas faire d’un fait divers – un accident de montagne – le vrai sujet de son œuvre, mais plutôt de peindre le sublime de la nature, une émotion alors nouvelle qui se partagerait entre l’extase et l’effroi et renouait avec la force des mythes ».
Que votre volonté soit faite, nous sommes en effet, nous spectateurs, fascinés et déroutés devant cette effroyable volonté de vivre, cette crainte effroyable de la mort que chaque protagoniste côtoie.
Nous passons ainsi du rire à l’effroi puisque juste avant ce nouveau recueillement d’ « une scène de déluge », une toile ne peut se faire oublier de par son sujet. Il s’agit de « Mademoiselle Lange en Danaë ». En 1799, Girodet reçoit une commande d’une Danée qu’il traitera avec beaucoup de soin. Lorsqu’il montra ce « Portrait de Mademoiselle Lange » au Salon, le modèle (actrice de théâtre Français) exprimera publiquement sa déception. De colère, Girodet décrocha la toile, la déchira et en repeint une, bien différente, mais beaucoup plus significative dans laquelle il y mit toute sa rancœur : ainsi, « Mademoiselle Lange est peinte nue, séduite par une pluie d’or, entourée par des objets symboliques raillant ses amants, son goût de l’argent et son peu de fidélité en amour ». Qui s’y frotte, s’y pique…

Ses portraits, que ce soit d’hommes de lettres tel Chateaubriand, d’hommes d’état tels Napoléon ou bien encore des portraits « familiaux » tels Benoît Agnès Trioson, côtoient ses tableaux historiques sans perdre de leur valeur. En aucun cas, on ne peut rester indifférent devant ces derniers. Pour ma part, je suis restée fascinée par la texture des tissus, et par les regards toujours très présent qui donnent toute la puissance en ses œuvres.
J’espère vous avoir donné envie et si vous voulez en savoir plus ou continuer sur votre lancée, voici un petit tour des manifestations qui vont se dérouler autour de Girodet.
Au Louvre :
Le vendredi 30 septembre à 19 h, Sylvain Bellenger, conservateur en chef du patrimoine et commissaire général fera une présentation de l'exposition.
18 h 30 à l'Auditorium du Louvre, un cycle de conférences parmi lesquelles cinq conférences d'historiens français et anglo-saxons : «Girodet et les genres : un classique subversif» (du 26 septembre au 24 octobre) ; «Les curiosités intellectuelles de Girodet» par Sidonie Lemeux Fraitot (le 10 octobre) ou «Les plaisirs du beau : Girodet et le corps masculin» par Linda Nochlin (le 24 octobre).
QUATRE AUTRES EXPOSITIONS
Au Louvre. "L'atelier de David, dessins du Louvre", jusqu'au 16 janvier 2006.
Au Musée Girodet, à Montargis (Loiret). "Au-delà du maître : Girodet et l'atelier de David", jusqu'au 31 décembre.
Au château de Compiègne (Oise). "Girodet et les décors de Compiègne", jusqu'au 6 janvier 2006.
Au Musée Magnin, à Dijon (Côte-d'Or). "Péquignot et Girodet : une amitié artistique", jusqu'au 31 décembre.
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