
Attention, cet arrangement d'Eska Pekka Salonen et son orchestre philharmonique de Los Angeles de la Toccata et fugue de Bach est vivement déconseillé aux défenseurs fanatiques du baroque. Par une théurgie jouissive et ensoleillée, Salonen donne à cette œuvre magistrale une teinte grave et puissante telle une Valkyrie chevauchante, teintée de petites touches amusantes et aussi légères qu’un beau cygne russe. Au placard donc l’orgue béni, place à la toute puissance et à la souplesse de l’orchestre philharmonique ! Si on ne connaissait pas l’œuvre originale, on pourrait croire à la musique d’un film, tellement l’approche de Salonen à quelque chose de cinématographique.
Il parait, selon le site
http://membres.lycos.fr/juteauf/discographies/bach/toccata.htm , que « Les pisses-vinaigres habituels de la presse musicale, fidèles thuriféraires du lobby baroqueux, ont décrié le disque dès sa parution ». Rien que ça. L'enregistrement date de 1999, mais il n'est pas trop tard pour le découvrir.
Alors laissez vous tenter par cette approche très moderne et donc rebelle de Bach, oubliez les convenances, et laissez vous emporter la magie du chef !
Le cd ne sort plus de mon lecteur… toccata et fugue en boucle et le final de la deuxième fugue me file des frissons, je ne vous dis que ça...
L'album complet :
Ensemble Orchestral des hauts-de-Seine
Direction : Laurent Brack
Avec Jean-Marc Phillips, violon
Espaces Carpeaux (Courbevoie)
Mardi 4 octobre 2005
Robert Schumann
Concerto pour violon en ré mineur
Robert Schumann
Symphonie n°1 en si bémol
La salle se remplie petit à petit, chacun prend place en douceur puis attend l’entrée imminente des musiciens et de leur chef d’orchestre : Laurent Brack ainsi que de Jean-Marc Phillips.
Des ombres noires, armés de leurs instruments, prennent l’assaut de la scène, s’installent et s’accordent après que le premier violon est demandé au hautboïste de donner le la. Un joyeux tintamarre prend corps quelques minutes puis c’est au tour du silence de rentrer en scène. Dernières tensions pour les musiciens, le chef d’orchestre ne va pas tarder…
Sous les applaudissements, Jean-Marc Phillips, suivi de Laurent Brack font leur entrée pour ne faire plus qu’un avec l’ensemble des musiciens. La première note est lancée dans les airs, parvient jusqu’à nous, prend possession de notre corps, et dans une déferlante de note, ce dernier se relâche, un bien être collectif se fait ressentir, les yeux se ferment pour certains, des regards vagues pour d’autres, chacun écoute à sa façon ces instruments qui nous contes l’histoire de ce concerto.
Puis l’entracte permet à tous de souffler un peu, quelques minutes suffisent et le jeu reprend. Jean-Marc Phillips s’efface pour ne laisser, aux premières loges que l’orchestre, qui se lance dans La Symphonie n°1 en si bémol, dite « du Printemps ». Certains préféreront ce morceau composé par Schumann lors d’une période de joie. Il vient d’épouser Clara Wieck et les notes joyeuses se font ressentir jusqu’à l’assaut final, tonitruant. Laurent Brack nous fera l’honneur de reprendre ce dernier suivi par des musiciens, pour le coup plus décontractés. C’est donc dans un final, d’autant plus spectaculaire, que cette soirée prend fin. Une soirée comme je les aime.
Pour en savoir plus : (je ne fais que retranscrire le programme)
Le Concerto pour violon en ré mineur fit inspiré à Schumann par le jeu de l’illustre violoniste Jozsef Joachim, découvert dans le Concerto de Beethoven à Düsseldorf au printemps 1853.
Cette œuvre fut composée en 1853, et manifeste un évident souci de faire valoir les ressources stylistique de l’instrument, sa technique (arpèges, traits de vélocité), ses sonorités luisantes ou vibrantes.
Il s’agit là d’une œuvre d’une énergie contrainte, d’inspiration assez formelle, d’expression parfois monotone (le final par exemple voit reparaître jusqu’à 5 fois la même thématique). Le génie n’est présent que par éclairs : ainsi remarque-t’on vers la fin du mouvement lent du Concerto, l’intense nostalgie de la mélodie violonistique, originellement en majeur, redite en mineur à la tierce inférieure.
Le Concerto ne fut pas édité du vivant de compositeur : sa publication n’intervient qu’en 1938.
La Symphonie n°1 en si bémol, opus 38, date du début de 1841. « Plénitude de bonheur », à l’époque dans la vie de Robert et Clara, qui viennent enfin de s’épouser : « la Symphonie m’a valu beaucoup d’heures de joie. Je rends souvent grâce à l’esprit bienfaisant m’ayant permis si facilement à bien, en si peu de temps, une œuvre d’une telle importance… »
Car le musicien, maître désormais du piano et du lied, n’avait pas abordé sans anxiété la forme symphonique : « Je suis tenté d’écraser mon piano, il devient trop étroit pour contenir mes idées » avait-il déclaré.
Cette première Symphonie fut donc une expérience qui obéissait à une triple motivation : suivre les conseils de Clara et rechercher de nouvelles formes d’expression, imiter son ami Mendelssohn, dépasser enfin les maîtres classique et traiter la symphonie en musiciens romantique.
Le petit plus : Schumann : les voies intérieures, Michel Schneider, Découverte gallimard

Je suis de retour avec Philip Glass. La semaine dernière, j’ai survolé rapidement sa trilogie « qatsi » alors qu’il y a tant à dire avant de se rendre à la Cité de la musique pour y découvrir le premier volet et les autres d’ailleurs si moyen vous avez.
La trilogie documentaire des "Qatsi" de Godfrey Reggio et du compositeur Philip glass prend vie au début des années 80 (Koyaanisqatsi, Powaqqatsi et Naqoyqatsi). Cette trilogie, inspirée par la prophétie des Indiens Hopis sur notre futur proche, retrace l'évolution de la vie face aux forces occultes puis industrielles et enfin face à la guerre.
Le premier volet de la trilogie Koyaanisqatsi (terme venant du langage des indiens Hopis. La racine « qatsi » signifie « vie », Koyyanisqatsi : « vie déséquilibrée, vie tumultueuse »), nous invite à nous pencher sur l’affrontement entre la nature et la ville. Ainsi, notre planète nous est présentée dans toute sa splendeur, mais également dans toute sa dégradation.
Le second volet, Powaqqatsi se focalise davantage sur les différents peuples. Voyage à travers les cultures traditionnelles d’Inde, du Pérou, du Kenya, nous découvrons la vie de ces hommes, ces femmes, ces enfants dans un monde où la société industrielle brise les civilisations du Tiers-Monde.
Quant au dernier volet, Naqoyqatsi (« vie guerrière »), retrace l’évolution de l’homme au fil de l’histoire avec une vision très inquiétante du progrès. Ainsi, ce volet nous pousse à nous poser des questions sur les effets de la technologie sur la politique, la médecine, l’art en général, le futur de l’humanité…
Je reviendrais plus longuement sur la musique de Philip Glass lorsque j’aurais vu le premier volet. Quoiqu’il est fort probable que j’aurais acheté auparavant la BO car je ne pourrais patienter jusqu’en décembre.
Philip Glass
Né le 31 janvier 1937 – Baltimore
Nous nous trouvons dans les années 60, le sérialisme qui était de vigueur jusque là (succession rigoureusement préétablie et invariable de sons appelée série) se voit détrôner par le minimaliste ou le mot d’ordre n’est rien moins que : « The less is more » (« le moins est le mieux »). Deux courants naissent, un minimalisme radical qui focalise ses recherches sur les sons continus et un minimaliste dit répétitif, technique caractérisée par l’extrême limitation des moyens mis en œuvre, ainsi que par la répétition de séquences apparentées entre elles et juxtaposées. Philip Glass fera partie de cette deuxième tendance.
Où a-t-il été chercher cette idée ? Et bien on peut dire, que nous, français, nous avons contribué à sa réussite. En effet, 1965 est l’année d’une révélation pour Philip Glass. Un studio parisien fait appel à ce dernier pour transcrire en notation une musique de film écrite par Ravi Shankar. Cette découverte de la musique indienne est LA révélation. C’est le grand voyage, ses recherches en Afrique du nord, en Inde et dans l’Himalaya vont lui permettre à son retour à New York d’appliquer les techniques orientales à sa propre musique et cela pour notre plus grand bonheur.
Il y a tellement à dire sur sa personne et surtout sur son œuvre que je ne vous parlerais aujourd’hui que de trois de ses opéras, ainsi que de sa trilogie « Qatsi » pour la simple et bonne raison que je ne peux m’empêcher de passer en boucle jour après jour « Satyagrapha », « Akhnaten » et « Einstein on the beach » bien que ce dernier est plus difficile d’accès, je l’avoue.
Quant à sa trilogie, je crois que le moment est bien choisi car ce serait dommage de passer à côté de l’info., à savoir que vous pourrez découvrir tout comme moi, d’ailleurs, ces documentaires à La Cité de la Musique le 16/17/18 décembre 2005.
« Einstein on the beach », 1977. Long, très long opéra avec pour sujet Einstein qui sera l’élément révélateur pour les êtres humains, attention, au niveau international… Cet opéra ouvre une trilogie sur les grands hommes. Suivront "Satyagrapha" (1980) dédié à Gandhi puis "Akhnaten" (1983) consacré à Akhenaton. Ainsi, Einstein incarne l’homme scientifique Gandhi, l’homme politique et enfin, Akhenaton, l’homme religieux.
Nous nous trouvons ainsi devant une trilogie d’opéras portraits où chaque personnage a, par sa vision, révolutionné le monde non par les armes mais par la force des idées.
N’ayant pas encore eu la chance de voir de mes propres yeux ces 3 opéras, je peux toutefois vous garantir que l’écoute est phénoménale. J’ai souvent lu des commentaires expliquant que l’auditeur plonge, à l’écoute de la musique de Philip Glass, dans un état proche de l’hypnose, et bien je ne serais pas celle qui contredira cela car s’il est vrai que « Einstein on the beach » a encore du mal à m’atteindre, ce qui ne serait tarder, "Satyagrapha" et "Akhnaten" me font, eux, complètement décoller. Les airs vous collent à la peau et si je savais siffloter, je les siffloterais à longueur de journée. Un bien être vous enveloppe et plus rien ne vous atteint, magnifique, tout simplement magnifique.
Un petit tour du côté de sa trilogie « Qatsi » ? Je vais faire cour, je sens que vous ne me suivez plus là, si …, bon, je continue. En fait, c’est peut-être moi qui commence à flancher.
Là encore, je ne connais que la musique et encore que quelques extraits mais plus pour très longtemps puisque je compte bien participer à l’une des trois soirée que propose « la cité de la musique. Un seul mot, c’est tout autant hypnotique que ses opéras.
La suite dans les prochains jours…
L’un de mes morceaux de musique classique préférés est « Canon A3 en D Major » de Pachelbel.
Je ne cesse de rêver lorsque je l’écoute suivie de plusieurs autres morceaux tout autant appréciés (Concerto en B Majeur de Vivaldi, Concerto en A Majeur opus 6 n°11 de Handel, Casse-noisette de Tchaïkovski et plus particulièrement le passage de « Danse de la fée dragée » et j’en passe…) de me retrouver dans cette immense salle de l’opéra de la bastille.
Ressentir autant d’émotions en si peu de temps, je vous le conseille vivement si cela n’est pas encore fait. C’est un moment tellement indescriptible et la dernière fois que j’y suis allée remonte à si longtemps que je serais d’ailleurs, incapable de me souvenir si c’était à l’opéra Garnier ou à l’opéra de la Bastille, et encore moins de me rappeler pour quel hommage notre CPE, en classe de 3ème, nous avait fait passer un si beau moment ! Oui, quel souvenir phénoménal. Depuis, j’attends le moment où j’y retournerais.
Passe en ce moment « Dance of the blessed spirits » de Gluck. C’est d’une extrême douceur et d’une grande tristesse tout en étant revigorant. Je trouve le monde beaucoup plus beau. Ce morceau me rend sensible alors que je suis une personne, au contraire, au fort caractère.
La musique adoucit les mœurs, et bien, elle a le don, me concernant, après la lecture, de me calmer et de m’offrir des moments de tranquillités, moi qui ne cesse de courir après le temps.