Ensemble Orchestral des hauts-de-Seine
Direction : Laurent Brack
Avec Jean-Marc Phillips, violon
Espaces Carpeaux (Courbevoie)
Mardi 4 octobre 2005
Robert Schumann
Concerto pour violon en ré mineur
Robert Schumann
Symphonie n°1 en si bémol
La salle se remplie petit à petit, chacun prend place en douceur puis attend l’entrée imminente des musiciens et de leur chef d’orchestre : Laurent Brack ainsi que de Jean-Marc Phillips.
Des ombres noires, armés de leurs instruments, prennent l’assaut de la scène, s’installent et s’accordent après que le premier violon est demandé au hautboïste de donner le la. Un joyeux tintamarre prend corps quelques minutes puis c’est au tour du silence de rentrer en scène. Dernières tensions pour les musiciens, le chef d’orchestre ne va pas tarder…
Sous les applaudissements, Jean-Marc Phillips, suivi de Laurent Brack font leur entrée pour ne faire plus qu’un avec l’ensemble des musiciens. La première note est lancée dans les airs, parvient jusqu’à nous, prend possession de notre corps, et dans une déferlante de note, ce dernier se relâche, un bien être collectif se fait ressentir, les yeux se ferment pour certains, des regards vagues pour d’autres, chacun écoute à sa façon ces instruments qui nous contes l’histoire de ce concerto.
Puis l’entracte permet à tous de souffler un peu, quelques minutes suffisent et le jeu reprend. Jean-Marc Phillips s’efface pour ne laisser, aux premières loges que l’orchestre, qui se lance dans La Symphonie n°1 en si bémol, dite « du Printemps ». Certains préféreront ce morceau composé par Schumann lors d’une période de joie. Il vient d’épouser Clara Wieck et les notes joyeuses se font ressentir jusqu’à l’assaut final, tonitruant. Laurent Brack nous fera l’honneur de reprendre ce dernier suivi par des musiciens, pour le coup plus décontractés. C’est donc dans un final, d’autant plus spectaculaire, que cette soirée prend fin. Une soirée comme je les aime.
Pour en savoir plus : (je ne fais que retranscrire le programme)
Le Concerto pour violon en ré mineur fit inspiré à Schumann par le jeu de l’illustre violoniste Jozsef Joachim, découvert dans le Concerto de Beethoven à Düsseldorf au printemps 1853.
Cette œuvre fut composée en 1853, et manifeste un évident souci de faire valoir les ressources stylistique de l’instrument, sa technique (arpèges, traits de vélocité), ses sonorités luisantes ou vibrantes.
Il s’agit là d’une œuvre d’une énergie contrainte, d’inspiration assez formelle, d’expression parfois monotone (le final par exemple voit reparaître jusqu’à 5 fois la même thématique). Le génie n’est présent que par éclairs : ainsi remarque-t’on vers la fin du mouvement lent du Concerto, l’intense nostalgie de la mélodie violonistique, originellement en majeur, redite en mineur à la tierce inférieure.
Le Concerto ne fut pas édité du vivant de compositeur : sa publication n’intervient qu’en 1938.
La Symphonie n°1 en si bémol, opus 38, date du début de 1841. « Plénitude de bonheur », à l’époque dans la vie de Robert et Clara, qui viennent enfin de s’épouser : « la Symphonie m’a valu beaucoup d’heures de joie. Je rends souvent grâce à l’esprit bienfaisant m’ayant permis si facilement à bien, en si peu de temps, une œuvre d’une telle importance… »
Car le musicien, maître désormais du piano et du lied, n’avait pas abordé sans anxiété la forme symphonique : « Je suis tenté d’écraser mon piano, il devient trop étroit pour contenir mes idées » avait-il déclaré.
Cette première Symphonie fut donc une expérience qui obéissait à une triple motivation : suivre les conseils de Clara et rechercher de nouvelles formes d’expression, imiter son ami Mendelssohn, dépasser enfin les maîtres classique et traiter la symphonie en musiciens romantique.
Le petit plus : Schumann : les voies intérieures, Michel Schneider, Découverte gallimard
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